Voilà, j’arrive, je braille un peu : z’êtes où les gn’hommes ? Pas grand monde au début, et puis voilà que ça pop tout autour de la grande (et prétentieuse) tour du mage de l’île.
Deux, trois, cinq gnomes... ça piaille, ça saute partout, ça braille bien histoire que tout le monde soit au courant, qu’on ne leur marche pas dessus, qu’on respecte leur gnomitude quoi !
Qui je suis moi ? Ben vous suivez ou quoi ? Z’êtes mous de la comprenitude ? Je suis Paf, le grand Paf Le Gnome, bien connu des auditeurs de Bab FM 79.8 (Babiole Full Mana,
diffusée dans toutes les zones civilisées, même à Grisepierre !).
Donc gros rassemblement de petits gnomes, toute la jeunesse est là, des apprentis guerriers, des scouts, des gnominets, des gominés, des chauves, des bavards et des endormis. Vingt trucs
sautillants, dansant, causant, galopant... pas mal de paires de lunettes furent cassées ce jour là !
Ils sont petits, oui, mais courageux... de quoi faire pâlir l’orc de l’île dans sa grotte ! Et ouais, ils vont se lancer dans l’aventure, la vraie, sans préparation, sans entrainement,
sans réfléchir... Les méchants sont à Freeport, faut aller les taper, voilà c’est tout, c’est con, c’est gnome.
Après les présentations, les fanfaronnades, les conseils de coiffure, les crises d’ego, les pipis dans la culotte de naufragé, la ligne de départ est constituée (enfin à peu près, ça bouge en
temps réel).
La porte, le ponton, ça galope dur... quelques ploufs, de gros efforts pour grimper sur le bateau (c’est haut un bastingage !) et c’est parti... Pour Babiole le Comte, le coin gnome de la
ville promise (y’a aussi des hobbits, aux cuisines).
Quelques aventuriers étonnés se font traverser par un banc de gnomes sautillants, tapant des sprints, criant leur joie de partir à l’aventure ! Pas le temps de traîner dans la cité, les
petits veulent tout de suite foncer dans le vaste monde.
Antonica ! Yeah ! Le phare, le pont suspendu (ahh, le vertige), et puis là... des ennemis. Option nord : la grand-route. Option sud : la côte, le bois des archers,
Noir-Terrier. Moi qui suis un malin, je sais que les routes sont dangereuses pour les petits, on s’y fait écraser comme un rien, je prend donc au sud.
Donc la troupe s’éclate, ça trotte gaiement, et quelques amis nous rejoignent : loups, oursons, gnolls, blaireaux, etc. De temps en temps un ami du groupe a un coup de blues et s’en va
voir Sir Jaeger ou les portes de Qeynos ! Même pas mort... enfin juste deux fois, à cause de Teddy, un pote ourson un peu affectueux.
Les steppes sont en vue, à fond dans le champ des épouvantails, speed speed pour remonter le chemin vers la porte des steppes. Je suivais un gnome à la trace, un gnome me suivait de près,
lequel était suivi par un gnome qui profitait de l’aspiration (il était chauve le fourbe).
La grande porte des steppes s’ouvrait, bon du danger il y avait... et des gnomes aussi ! Les squelettes étaient level 20, nous on était 20 ! Certains (ceux qui ne savaient pas nager
sans doute), ont pris du coté des plaines, vers les griffons, vers le pont des barbares, vers les champs de paturage des cents-torts. Du côté des courageux, on est descendu dans la rivière
(arnaque, pas une goutte d’eau, j’ai même pas pu y boire un coup ou étaler mon dos-coulé dernier style !).
Grimper sur les falaises, courir au fil du précipice, oublier le bruit des os s’activant derrière et leur ricanement débile. Rira bien qui rira le dernier... Au passage on s’est fait des fans
aux noms poétiques, Plumevent, Plumecrasseuse, Octogorgone, Abruti d’ours, Stylet, beaucoup courraient avec nous pour nous encourager ! Enfin la tour des griffons du vent-froid, au bord de
la mer... là nous attendait le « mais si », le grand magicien qui jadis avait causé à notre peuple, lui devait nous guider vers le salut. Il roupillait un peu le bougre, il a fallu le
réveiller, et là il nous a révélé sa vision « tas de gnomes ignorants, vous vous êtes gourrés, pour Freeport fallait aller OK ». Nous on était ok, mais on devait pas avoir tout pigé.
Il paraît que les K c’était pas là du tout, mais beaucoup plus au nord-est.
L’un de nous a eu une idée, il est parti comme un fou... nous on avait pas d’idée, on lui a courru après pour lui piquer la sienne. La rivière des morts encore, mais dans l’autre sens... et on
a croisé des potes qui avaient pas encore vu Kelnoz l’omni-causant. La plaine, les Cents-torts, les barbares qui s’amusaient à ouvrir et fermer les portes de leur pont en essayant d’écraser le
plus de gnomes. La plage enfin, les patés, les châteaux... aie non, les crabes... cours Paf, cours. On a trouvé une cloche, et on est arrivé OK, un grand grand K. On a aussi perdu des amis que
plus jamais on a revu, deux bouteilles à la mer ont été retrouvées, parlant de glaces, de moissisures et d’hommes lézards.
Encore une plage... tiens un gobelin, 10 pièces d’argent... heu non, mais je peux te vendre mon armure, elle est encore bonne, 30% regarde. C... de gob, escroc, j’en fais quoi de tes 140 pièces
de platine, je veux ravoir mon armure, je me sens nu (et je le suis en plus !).
Bon, je me sauve, le gobelin a rameuté un garde... A fond dans la forêt, et de nuit, il me rattraperont pas ! Le côté pratique c’est qu’ils ont enflammé les chauves-souris, c’est chic et
ça éclaire bien le chemin. Hop hop, je fonce, vivement Freeport je commence a avoir faim et un caillou dans la chaussure droite. On m’avait dit, va à la cascade de fraicheur au nord, tu auras
un bounty et 2 copper. J’ai pris au nord... j’ai trouvé un château en ruine, des squelettes, pas de bounty, juste des baffes.
Je suis revenu à la plage, le gobelin m’a reconnu, j’ai foncé vers la forêt, en semant mes pièces de platine pour pouvoir retrouver mon chemin (pas con le Paf !) Ce coup-ci j’avait tout
compris... j’ai suivi la route sans me détourner... et là y’avait une rivière. Rivière = cascade. Descendre la rivière + cascade = grand saut, méchant. Donc remonter rivière pour trouver bonne
cascade et bounty et bonnes pièces qui valent cher. Là j’ai balancé le reste des pièces de platine, trop lourd pour nager. Enfin du bon courant, de l’eau vivifiante... et le dos-coulé à la Paf,
pour remonter les rivières avec classe. Je nageait à fond à fond... et j’ai vu passer Gnomemania comme un boulet sur la rive ! Le salopiot, il m’a laissé sur place. Bon, j’ai laissé la
natation pour galoper au sec. 200 mètres plus loin un lugubreux lui a montré sa masse d’arme de près... j’ai repris la nage.
La cascade enfin... et il y avait un ami, un gnome ! Grektz, sur un cheval en plus ! Houa y’en a qui ont les moyens, c’est pas avec 140 pp que je pourrais me payer des trucs moi. Il
n’avait plus de bounty, les coppers il a dit que c’était une légende (un jour j’en aurais !!), il a dit de retourner en suivant la rivière et de prendre la porte du pont, vers les terres
communes et Freeport. Il a usé de sa magie pour me soigner, me reconforter (et mon bounty alors !).
Après... trop facile, se laisser glisser avec la rivière... J’ai retrouvé des copains même. Pour vous dire comment c’était simple, au début on était 4, à la fin on était encore 2 !
Une grande porte qui grince... et un souffle chaud... je crois que c’est là que je me suis retrouvé nu, mon pantalon de maille est tombé... Du coup je courrais beaucoup plus vite !
J’ai suivi la route... et puis aussi un petit qui avait l’air de savoir où aller, Gnomasvens. En fait grâce à ma nudité je le suivais mais de devant. On a filé à travers les orcs, les
éléphants, les trucs et les machins. Le soleil tapait fort mais mes lunettes m’ont protégé (être les fesses à l’air, soit, mais sans lunettes, plutôt crever). Crever... le garde devant
l’étendue a dû dire quelque chose de ce style, me souviens plus, j’ai vu deux pieds d’ogre et un château m’est tombé dessus. Je me suis retrouvé sous une petite tente, idéalement situé à
l’ombre, avec un petit courant d’air... juste devant les portes de Freeport Ouest. Ouais ! Le but était à portée de main !
Minialenek est passé en trombe pour se précipiter dans la ville... J’ai suivi, je suis entré dans la ville. « Bonjour monsieur le garde, la cantine siouplaît ». « Meurs
racaille ». Retour à la tente...
Là je me suis dit, mon petit Paf, faut ruser.
J’ai suivi la côte, trouvé un K, sonné une cloche et je me suis retrouvé dans une ville nommée Ombrelongue. Malin comme je suis, je me suis caché dans les ombres... Jusqu’à la porte qui donnait
sur la ville. Le garde je l’avais pas vu, lui par contre...
Bon, retour à la tente. Bien décidé à manger autre chose que des beignes freeportiennes (un peu sèches je trouve), je suis retourné à Ombrelongue, mais là, alors que je me faufilais le long
d’un mur, je suis tombé !
Des égoûts !! Oui, voilà la solution ! J’ai retrouvé Gnominette notre organisatrice... Un peu déçu qu’elle ait encore son armure sur le dos. Là nous avons trouvé des gnomes qui
travaillaient dans les égoûts, ils nous ont guidé pour arriver à Freeport-Est. Selon eux la cantine était sur une île, au milieu de l’eau (une île quoi). Nous avons sauté un grand mur.
Gnominette a du coup regretté d’avoir encore une armure si lourde.
J’allais sauter à l’eau quand un garde m’a demandé mes papiers... j’étais nu, j’ai mourru. Un gars qui passait par là m’a entendu râler, il m’a redonné vie, m’a mesuré et comme j’étais trop
petit, il m’a remis à l’eau !! Alors j’ai nagé, nagé, nagé... pour trouver l’escalier ! Enfin, j’ai vu sautiller mes fringuants camarades, quatre étaient déjà arrivé et ils me
criaient leurs encouragements :
« Paf, ton lacet est défait » « Imbécile des fourrés, t’as perdu les PP » « Retourne, on s’est gourré, y’a rien à manger ».
J’ai pris pied sur l’île avec l’agilité d’une méduse... Et j’ai savouré le moment présent. On l’a fait ! Les autres arrivent un par un, insouciants, heureux, grisés par l’aventure. C’est
beau un gnome qui court vers son destin.
Un reportage Paf le gnome, pour BFM 79.8
P.S : ci-joint la note de frais, 1 copper par zone traversée + 1 bounty.